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Abdoul Mbaye devant les deputes: Un style de … banquier

| 11.09.2012 | 0 Commentaire

Lu par 15348 Boytown

Si les dernières prestations de Premiers ministres qui ont précédé Abdoul Mbaye ont montré plusieurs facettes de personnalités, celle de Abdoul Mbaye peut inaugurer un nouveau style de déclaration de politique générale. A la différence de la majorité de ses prédécesseurs, le tout nouveau Premier ministre de Macky Sall n’est pas un politique. Banquier de formation au style spartiate, Abdoul Mbaye est donc appelé à faire une déclaration de politique générale sans lyrisme ni grandes envolées.

En somme, un discours encadré de technocrate cloisonné dans des objectifs réalisables, à court, moyen et long terme, comme tout homme du sérail banquier. Le style faisant l’homme, il faut s’attendre dès lors à peu de bons mots de la part de l’actuel Premier ministre du Sénégal. Encore moins de la rhétorique politique. Ce qui détonerait, à coup sûr, avec les prestations de ces dix dernières années.

En 2000, Moustapha Niasse, nommé par Abdoulaye Wade chef de gouvernement à l’issue de la première alternance au sommet de l’Etat, avait fait, dans une Assemblée à majorité socialiste, le procès du régime de Diouf dont il avait largement contribué à la destitution en reportant au Pape du Sopi son pourcentage de voix, lors du second tour de la Présidentielle. Mame Madior Boye, encore seule femme Premier ministre qui lui succédera, ne fera pas mieux. Telle une comète, elle passera, en 2001, devant des députés dominés par la majorité libérale pour faire un réquisitoire sans merci du pouvoir socialiste, à la source de tous les maux du Sénégal.

Grand orateur, l’actuel maire de Thiès Idrissa Seck, en dépit d’une voix enrouée, avait charmé son auditoire par les symboles forts. L’Assemblée nationale résonne encore de sa fameuse formule : « Goorgorlu sera soutenu et Njuublang sera combattu ! ». Moins de quatre années plus tard, Me Wade le fera emprisonner pour… « Njuublang » sur les chantiers de Thiès.

Surfant en 2004 sur la vague du Sopi, l’actuel Président Macky Sall avait tressé, pour sa part, des lauriers à Me Wade. « L’ambition du chef de l’Etat pourrait…se retrouver dans cette pensée de Georges Bernard Shaw, je cite : « Certaines personnes voient les choses comme elles sont et disent pourquoi. D’autres rêvent de choses qui n’ont jamais été et disent pourquoi pas », avait déclaré le titulaire de la Primature d’alors qui divorcera, en 2008, avec le Pape du Sopi pour créer son propre parti (l’Apr) et destituer son ancien mentor, le 25 mars dernier.

L’inspecteur du Trésor Haguibou Soumaré, sorti des manches de magicien du Président Wade et « intronisé » Premier ministre, avait été, lui, transparent dans sa déclaration de politique générale. Les chiffres s’étaient succédé aux chiffres pour « saouler » la majorité des membres de la représentation parlementaire. Quant au dernier chef de gouvernement de Wade, en l’occurrence Me Souleymane Ndéné Ndiaye, il s’était appesanti sur les grands projets et les promesses mirobolantes de son employeur, de surcroît secrétaire général national de parti.

Ne militant dans aucun parti politique voire même apolitique, le banquier Abdoul Mbaye est attendu pour tracer un nouveau sillon dans les déclarations de politique générale par une assemblée nationale. Une chambre basse qui ne lui offrira pas sa caution sur un plateau d’argent…. si bien sûr la logique de rupture prônée dans la représentation parlementaire reste toujours au centre des préoccupations des tenants du nouveau pouvoir.

 sudonline

Lu par 15348 Boytown

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Categorie: JEVOTE

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