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    Affluence pour un aller simple vers Mars

    Lu par 721 Boytown

    A-t-on affaire a de la science-fiction, à des chimères ou est-ce que cela va vraiment avoir lieu ? L’entreprise néerlandaise Mars One se propose d’envoyer les premiers hommes sur Mars en 2023. Un simple aller, financé par une émission de téléréalité à l’échelle mondiale. Ce voyage suscite déjà suffisamment d’intérêt.

    Il s’agit d’un projet ambitieux du jeune entrepreneur Bas Lansdorp : quatre personnes doivent atterrir sur Mars en 2023 et y fonder un établissement où elles resteront jusqu’à la fin de leur vie. Puis, quatre autres personnes doivent se joindre à elles tous les deux ans. La fusée est déjà en construction au centre aérospatial américain SpaceX. Pour ce qui concerne le matériel nécessaire (blocs d’habitation, véhicules, combinaisons spatiales), des contacts ont déjà été établis avec des entreprises aérospatiales.

    Coût du projet : 5 milliards d’euros. C’est bien moins que ce que la NASA avait calculé (75 milliards de dollars), mais il faut préciser que l’un des éléments les plus chers de l’expédition – à savoir le retour – a été supprimé. Inutile de stationner sur Mars une fusée coûteuse remplie de carburant et de vivres, car les participants à cette mission ne retourneront plus jamais sur Terre.

    Spectacle médiatique
    La façon dont l’argent nécessaire à la mission est réuni est également hors de l’ordinaire : la mission sur Mars doit devenir un grand spectacle médiatique : Big Brother 3.0 meets Idols in Space. La sélection des astronautes, le vol dans la fusée et dans l’établissement, les premières petites randonnées du véhicule spatial sur Mars : tout cela sera filmé par des caméras et pourra être suivi à la télévision ou bien en ligne.

    Ce sont là d’excellents ingrédients pour un livre captivant de science-fiction, pourrait-on croire. Et l’on peut placer suffisamment de notes critiques sur la faisabilité de ce projet. Mais ce projet existe bel et bien. Gerard ’t Hooft, professeur de physique théorique et prix Nobel en 1999, est l’un des ambassadeurs de ce projet : “J’ai tout d’abord réagi, comme tout le monde, en me disant que ça n’allait pas marcher. Mais quand on regarde de plus près, on voit que c’est bel et bien possible. En tant qu’entreprise privée, sans ingérence politique, sans argent venu des impôts. Ce sera un grand spectacle médiatique, à côté duquel Big Brother fera pâle figure.” Ce n’est pas un hasard, semble-t-il, si l’un des créateurs et producteurs de Big Brother, Paul Römer, est également l’un des ambassadeurs de Mars One.

    Centaines de demandes 
    La grande question, évidemment, est de savoir si l’on trouvera des gens prêts à tout laisser sur Terre pour aller passer le restant de leurs jours sur Mars.

    Il y en a beaucoup, dit Bas Lansdorp, l’un des co-fondateurs de Mars One. “Nous n’avons pas encore placé d’annonce officielle, mais depuis que nous avons parlé du projet, la semaine dernière, nous avons déjà reçu des centaines de demandes. Il s’agit de tout un éventail de personnes : d’une fillette de 13 ans à un homme de 75 ans, des Pays-Bas, mais aussi de l’étranger, du Nigeria par exemple. Nous avons aussi reçu un courriel d’un homme qui veut emmener sa femme et ses trois enfants. Mais il y a aussi des gens très sérieux, qui décrivent en détails leurs motivations.”

    Sélection 
    Une fois que l’annonce aura été placée officiellement, les candidatures vont affluer, pense Bas Lansdorp. “Il y aura ensuite une présélection approfondie, au cours de laquelle nous allons examiner qui est vraiment apte à entreprendre un tel voyage.” Puis les candidats seront regroupés quatre par quatre, ils suivront un entraînement intensif et devront notamment passer quelques mois dans une base de simulation dans le désert. Le tout, évidemment, filmé par des caméras.

    Ce sont les téléspectateurs qui sélectionneront ensuite le groupe d’astronautes qui s’embarqueront en 2022 dans la fusée. Outre les exigences au niveau scientifique, technologique, médical et psychologique, les premiers habitants de Mars devront aussi être suffisamment intéressants à regarder. “La seule façon de financer ce projet, c’est d’en faire le plus grand événement médiatique de tous les temps”, affirme Bas Lansdorp.

    Bébés martiens, mais plus tard
    Les premières demandes viennent jusqu’à présent d’hommes, mais le but est de faire venir des femmes également sur Mars. Lansdorp explique : “Si l’on regarde les missions vers l’Antarctique, où les gens sont isolés du monde pendant des mois, ce sont les groupes mixtes qui fonctionnent le mieux.”

    Mais avec deux hommes et deux femmes seuls sur une planète où il n’y a pas grand-chose à faire, on peut s’attendre à quelque activité sexuelle. Et peut-être à la naissance des premiers petits Martiens. Selon Lansdorp, la procréation n’est pas la première priorité de la mission : “Les premières années, certainement, les circonstances de l’établissement ne seront pas idéales pour les petits enfants. De plus, il est nécessaire de savoir comment la procréation fonctionne sur Mars, où la gravité est moins grande que sur Terre. En premier lieu, nous allons déconseiller la procréation. Mais dans l’avenir, il en sera peut-être autrement. C’est la seule manière de fonder une vraie communauté sur Mars.”

    Le sexe sur Mars est donc du domaine du futur. Mais pas le reste : d’ici un an, Mars One pense pouvoir placer sur son site Internet la première offre d’emploi pour un astronaute. Ensuite, commenceront la sélection, l’entraînement et la téléréalité mondiale, voire interplanétaire. Les candidats ont bien un avantage en comparaison avec les autres programmes de téléréalité : ils n’ont pas besoin d’avoir peur d’être reconnus dans la rue.

    Lu par 721 Boytown

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