Apurement de la dette: C’est Noel pour les entreprises

Lu par 914 Boytown

Avec une dette publique évaluée à 3.041 milliards de FCfa, le Sénégal se retrouve aujourd’hui à un niveau d’avant l’annulation de la dette publique dont il a bénéficié en 2006. C’est le ministre de l’Economie et des finances Amadou Kane, qui l’a déclaré hier, vendredi 14 décembre à l’occasion de la 11ème session du Conseil présidentiel de l’investissement(CPI). Cependant, une bonne partie de la dette intérieure qui étrangle notamment les entreprises, sera apurée d’ici à la fin du mois de décembre en cours.

L’endettement oui, mais l’endettement excessif rend un pays presque entièrement dépendant de ses créanciers et il suffit que ceux-ci aient des doutes sur la solvabilité de leur débiteur et cessent de lui prêter (ou ne veulent lui prêter qu’à des taux très élevés), pour que ce dernier se trouve brutalement confronté à une crise insoluble autrement que par le défaut ou par une réduction drastique du train de vie de l’État.

Le retour à la réalité est douloureux. Avec des taux d’intérêt élevés sur une courte durée, on en est arrivé là. Juste après l’annulation de la dette extérieure en 2006, le compteur du service (intérêts) de cette dette qui était de l’ordre de 76 milliards s’est à nouveau affolé et à ce jour, « nous en sommes à un service de la dette de l’ordre de 603 milliards soit plus de 40 % des recettes fiscales », selon le ministre de l’Economie et des finances. Amadou Kane intervenait ainsi hier, vendredi 14 décembre à l’occasion du Conseil présidentiel de l’investissement(CPI). En gros, l’Etat du Sénégal « traîne une dette publique qui s’élève à 3.041 milliards de FCfa composée d’une dette intérieure de 753 milliards et une dette extérieure de 2.160 milliards », a déclaré le ministre.

Pas de litige cette fois ?“

Sur les 753 milliards qui constituent la dette intérieure, qui est celle contractée auprès des agents économiques intérieurs (ménages, entreprises, institutions financières), les 105 milliards constituent des arriérés dus aux entreprises, comme l’avait rappelé d’ailleurs le ministre lors de l’examen du budget de son département à l’Assemblée nationale. Une dette commerciale dont une bonne partie devrait être apurée d’ici à la fin du mois de décembre en cours, pour « relancer la croissance ».

Sous ce rapport, il faut rappeler que la dette intérieure a souvent suscité polémique notamment en 2007-2008 dates auxquelles le défaut de son payement avait plombé l’activité économique dans un contexte de crise économique préoccupante. Un litige mémorable s’était d’ailleurs installé entre l’argentier de l’Etat à l’époque Ablaye Diop et les entreprises notamment.

La situation était d’autant plus tendue pour les entreprises qu’elles avaient même annoncé des plans de mise en chômage technique et certaines envisageaient même de se défaire de leurs personnels jusqu’à 50% en moyenne, face aux charges sociales et fiscales dont elles avaient également décidé de geler le payement.

Dans ce contexte, la France avait d’ailleurs due être appelée à la rescousse pour permettre d’apurer l’ardoise de l’Etat vis-à-vis des entreprises. Le paiement de cette dette intérieure faisait ainsi partie des questions que l’Etat devait régler avant son passage au Conseil d’administration du Fonds monétaire international (Fmi) pour évaluation de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe).

reprofilage

Au même moment, le compteur de la dette extérieure c’est-à-dire les emprunts extérieurs ont redoublé d’ardeur, reconstituant ainsi « de manière insupportable et rapide la dette», estime Amadou Kane qui ajoute qu’à ce jour, « cette dette globale de 3.041 milliards doit être comparée à ce qu’elle était en 2006, c’est-à-dire 1.200 milliards. Nous l’avons quasiment triplé entre 2006 et 2012 », précise-t-il, même si le ratio reste en deçà de 70% du PIB.
En somme, selon le ministre, « Le Sénégal se retrouve aujourd’hui à un niveau d’avant l’annulation de cette dette dont il a bénéficié en 2006. » Le gouvernement qui est dans une dynamique de re-profilage de la dette cherche aujourd’hui à réduire les déficits, sans étrangler l’économie.

sudonline

Lu par 914 Boytown

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1 Commentaire

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