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Ces Afro-Québécois qui veulent être députés

| 06.09.2012 | 0 Commentaire

Lu par 650 Boytown

Les cartes du jeu politique sont sur le point d’être modifiées avec les élections législatives au Québec. Des candidats d’origine africaine entendent peser sur le scrutin et faire leur entrée dans l’hémicycle.

Les casseroles estudiantines ont ébranlé l’équipe dirigeante conduite par Jean Charest, chef du gouvernement et du Parti libéral du Québec (PLQ).

Les élections législatives qui se tiennent ce 4 septembre, décideront du prochain gouvernement du Québec, et le parti qui l’emportera verra son chef devenir Premier ministre.

Depuis le 1er août, la vie politique québécoise est rythmée par la campagne des législatives. Au sein des principales formations politiques des Africains sont aux premières lignes.

Parmi ces candidats, certains sont déjà dans l’hémicycle. Ils doivent donc se battre pour conserver leur siège. Il s’agit de Fatima Houda-Pépin (Marocaine d’origine) et de Maka Kotto (originaire du Cameroun).

Fatima Houda-Pépin, la native de Meknès en lice pour un 6e mandat

Fatima Houda-Pépin est docteure en relations internationales et a fondé le Cercle des femmes parlementaires du Québec. En 2007, son expérience et sa crédibilité lui valent la confiance de ses collègues, qui l’élisent première vice-présidente de l’Assemblée. Elle devient ainsi la deuxième femme à occuper ce poste.

Députée de La Pinière, dans la banlieue sud de Montréal, depuis 1994, Fatima Houda-Pépin se présente pour la sixième fois dans la circonscription.

Elle est dans son territoire, dans cette ville de Brossard, où la population est constituée à 40% de ceux qu’il est convenu d’appeler ici les minorités visibles.

Candidate du parti au pouvoir (PLQ), celle qui a fait adopter, à l’unanimité, une motion contre l’implantation de la charia au Canada en 2005, a récolté 61,44% des suffrages aux dernières législatives. C’était en 2008. Sauf surprise, La Pinière devrait lui renouveler sa confiance.

Maka Kotto, le comédien camerounais devenu député

Du cinéma à la politique, il n’y a qu’un océan… que Maka Kotto a franchi en partant de la France pour le Canada. Célèbre au Cameroun, dans les années 80, Maka Kotto a écrit quelques pages de l’histoire du cinéma dans son pays d’origine, mais aussi en France.

C’est sur la scène politique québécoise qu’il s’illustre désormais. Compagnon de l’élue d’une commune la banlieue montréalaise, il a lui-même gravi les marches vers la députation sous les couleurs du Parti québécois.

Candidat malheureux, en 2003, à Viau —forteresse libérale de Montréal depuis 1981—, Maka Kotto aura plus de chances en se présentant dans une autre circonscription de Montréal, acquise au PQ,: le comté du Bourget.

Dès sa première tentative en 2008, il est élu. Avec cette victoire, Maka Kotto permet au PQ de conserver le siège de Bourget après la démission de son prédécesseur, Diane Lemieux. Depuis, il le garde et n’entend pas le laisser lui échapper.

En tenant compte du fait que Bourget est considéré comme un bastion du Parti québécois, qui y règne sans discontinuer depuis 18 ans, Maka Kotto part favori.

Djemila Benhabib, l’Algéro-Québécoise chantre de la laïcité

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Djemila ne laisse personne indifférent. Auteure engagée —elle a notamment écrit Ma vie à contre-Coran, une femme témoigne sur les islamistesqui lui a permis de remporter le prix des écrivains francophones d’Amérique en 2009— Djemila Benhabib a fait de la revendication de la laïcité au Québec son cheval de bataille.

En 2009, elle interpelle le gouvernement sur l’adoption d’une charte de la laïcité, et demande que soit retiré le crucifix disposé au-dessus du siège du président de l’Assemblée nationale.

Femme de défis, Djemila ne pouvait rêver d’un meilleur cadre que l’arène politique pour faire entendre sa voix. Avec la cheffe du Parti québécois, Pauline Marois, elle a récemment présenté la proposition de charte de la laïcité de son parti.

Une initiative qui ne plaît pas à tout le monde. A commencer par le maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui a la réputation de commencer ses réunions de conseil municipal par une prière.

«Nous, les Canadiens français, nous allons nous faire dicter comment nous comporter, comment respecter notre culture, par une personne qui vient d’Algérie? On n’est même pas capables de prononcer son nom», s’emportera Jean Tremblay.

Le maire apprendra, à ses dépens qu’il aurait mieux fait de se taire. Il recevra une volée de bois vert des membres de la classe politique, toutes tendances confondues. Même ceux qu’on appelle couramment les Québécois de souche ne manqueront pas de lui dire son fait.

Fonctionnaire dans l’administration canadienne, Djemila Benhabib est une femme de caractère qui préfère «mourir debout que vivre à genoux».

Neko Likong, le Congolais qui ressemble à Obama

Avec son physique avenant, on aime à le comparer à Barack Obama. S’il est aussi grand, mince et métis —sa mère est Québécoise— que le président américain, là s’arrête la ressemblance que certains voudraient voir.

Neko Likongo se présente, pour le Parti québécois, dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec. Originaire de la République démocratique du Congo, où il a passé son enfance, c’est la deuxième fois que ce gaillard se soumet à l’épreuve des législatives dans la région de la Capitale-Nationale.

Son baptême pour la course à la députation s’est fait en 2008. Arrivé en deuxième position, derrière Yves Bolduc —actuel ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec— Neko Likongo entre néanmoins dans l’histoire comme le premier noir à solliciter un siège de député dans la capitale du Québec.

S’il est élu, il aura réussi un autre tour de force: ce sera la première fois qu’un péquiste (membre du PQ) représentera la circonscription au parlement; Jean-Talon a toujours eu un député issu du Parti libéral.

Bandou, Chemmakh et Romarick, Africains et Québécois de souche

«Avec mon nom, vous vous imaginez bien que je ne suis pas née au Québec et vous avez raison. Je suis née en France, d’origine algérienne, et je suis une Québécoise et Longueilloise de cœur depuis plus de 20 ans.»

C’est fière de son identité multiculturelle que Farida Chemmakh se présente à Marie-Victorin, dans la banlieue sud de Montréal. Investie par le Parti libéral, elle affronte Bernard Drainville, l’un des caciques du Parti québécois et actuel député de Marie-Victorin.

Un autre qui devra batailler dur, c’est Rachid Bandou. Né en Algérie, il se positionne comme un défenseur de la langue française dans tous ses aspects. Le français, une langue chère aux Québécois.

Établi dans son pays d’accueil depuis 15 ans, Rachid Bandou s’engage aussi à défendre l’arrimage du savoir-faire des immigrés aux besoins réels des divers milieux de travail du Québec. 

«Je me battrai pour le respect et la reconnaissance de leurs compétences professionnelles», assure celui qui est passé de cadre à simple technicien en allant vivre au Québec.

C’est sans complexe que Yebo Romarick Okou tente sa chance dans la circoncription de Marguerite-Bourgeoys, sur l’île de Montréal. Etudiant en maîtrise de philosophie à l’université de Sherbrooke et candidat de Québec solidaire dans ce fief libéral, Romarick Okou se confiait ainsi à une journaliste:  

«Peut-être que l’époque des châteaux-forts sera bientôt révolue dans certains endroits du Québec. Laissons tout simplement nos populations s’exprimer et ayons confiance en elles.» Wait and see!

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