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Expo photos: La chorégraphie des hommes en uniforme

| 13.02.2013 | 0 Commentaire

Lu par 1452 Boytown

«Gardes, à vous» est le titre de l’exposition du photographe Mamadou Gomis qui se tient jusqu’au 30 mars 2013 au Pavillon de l’Institut Français Léopold SEDAR Senghor de Dakar. Un titre, on ne peut plus parlant puisque le sujet a trait aux femmes et hommes en uniforme.

Ils ne sont pas sur le théâtre des opérations face à des casseurs ou des hooligans comme le laisserait croire notre imagination vagabonde. Le photographe Mamadou Gomis efface les confrontations de rues entre manifestants et forces de l’ordre pour transformer ces lieux en une vaste scène de théâtre pour l’une des plus belles chorégraphies.

Encore que le qualificatif peut faire tiquer nombre d’entre nous. Disons que c’est un ballet de gestes bien ordonnancés. Le tout en noir et blanc. Voila qui permet à l’oeil de croquer dans le cru des images loin de l’assaisonnement visuel de la photo couleur.

L’expo s’ouvre sur le mollet des gendarmettes, somme toute, viriles mais conservant leur attrait féminin. De subtiles notes de musique que foulent leurs pas s’échappent du clavier de l’asphalte pour accompagner le froufrou de leurs jupes.

L’élégance est dans la coiffure de ces femmes-gendarmes qui paradent. Il y a de quoi émouvoir l’oeil puisque dans la fixité de l’image photographiée, Mamadou Gomis a coeur de saisir le mouvement. Il brise ainsi la vitre blindée qui sépare fixité et mouvement pour nous dire que la photographie fait s’imbriquer les deux notions et que toute fixité est rythmée par un mouvement pourvu qu’on prête attention aux choses. On resterait des heures à détailler le plissé des jupes de ces femmes de tenue et à s’attarder sur leur chignon.

Tout à coté de cette image : Le salut militaire qui n’est pas que simple salut. Il s’inscrit dans un rituel que se plait à mettre à nu le photographe en accentuant le coté coquet, quelque peu séducteur empreint d’une certaine élégance dans l’exécution de ce geste par l’homme en uniforme. L’exposition de Mamadou Gomis est traversée non pas par un jeu d’ombre et de lumière dans la prise de vue mais par une confrontation du flou et de la netteté.

Ainsi il ramène le personnage du second plan en premier plan en estompant celui qui est au premier plan. Il inverse la donne. Car d’ordinaire on s’attache à mettre en évidence le premier plan, le personnage qui se trouve au plus prés de l’objectif. Dans un nuage de fumée, un policier tient haut une table de fortune, l’un des pieds décollé du sol. Prend-t-il son envol ou danse-t-il avec la table ? Il y a de l’inattendu dans cette photo, un brin cocasse.

L’exposition photos de Mamadou Gomis a la tonalité d’une magnificence des gens en uniforme qui sur le théâtre des opérations, exécutent non pas une mission mais un ballet que vient saisir l’objectif du photographe. C’est là tout l’art de la photo, celui de bousculer notre perception des choses et de l’ouvrir sur d’autres horizons.

slate

Lu par 1452 Boytown

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Categorie: JEVOTE

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