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Je n’ai pas Facebook et… je ne suis pas louche

| 09.08.2012 | 0 Commentaire

Lu par 587 Boytown

Pour certains employeurs et psychologues, un jeune n’ayant pas Facebook serait quelqu’un de suspect. C’est ce que j’ai lu dans un article paru dans leDaily Mail, repris en français par Les Inrocks ou encore Numerama. Il relate les conclusions d’une étude menée par un magazine allemand, « Der Tagesspiegel ».

L’étude va jusqu’à faire un grossier amalgame entre celui qui ne posséderait pas de compte Facebook et certains criminels, comme James Holmes, le tueur d’Aurora, ou encore Mohamed Merah.

Pire encore, un autre parallèle est fait entre le fait d’avoir Facebook et d’entretenir une vie sociale active.

J’étais devenu un véritable addict

Je tenais à réagir, et à m’exprimer au nom de cette minorité qui a su dire stop à Facebook.

Alors non, je n’ai pas Facebook. Pourtant, j’y étais bien avant la plupart des gens – en 2006 – et je me suis désinscrit il y a quasiment quatre ans. Pourquoi ? Car à l’instar des trois quarts des utilisateurs de ce site, j’étais devenu un véritable addict. Facebook était devenu une drogue pour moi.

Je me connectais des dizaines de fois par jour, parfois à des intervalles de cinq minutes. Bref, j’étais accroc.

Telle une drogue dure, ma désinscription (il était quasi impossible de supprimer définitivement son compte Facebook à l’époque) fut longue et éprouvante.

Maintenant, je suis clean

Pour rendre la tâche plus compliquée, un simple clic suffisait à me faire replonger. D’ailleurs, j’ai replongé plusieurs fois les premiers mois. Maintenant, je peux dire que je suis clean.

Et pourtant, dès qu’on me pose la question fatidique « t’as Facebook ? », ma réponse surprend l’autre, de sorte que je suis classé automatiquement dans la catégorie des louches.

On pourrait nous comparer à des fantômes, apparaissant de temps à autre sur quelques clichés pris par des amis – ou pas – et mis sur Facebook.

Je suis d’accord sur un point avec ces psychologues et employeurs. Facebook nous offre une vie sociale hyperactive, par procuration. Je savais ce que tout le monde faisait, où chacun sortait, j’épiais toute relation intra-facebookienne.

En somme, Facebook avait fait de moi – et vous ? – un voyeur, un pervers.

Facebook avait fait de moi un pervers

Je suis fier de ne plus avoir Facebook. D’ailleurs, j’ai ressenti une plus grande fierté en quittant Facebook que le jour où j’ai arrêté la clope.

Depuis mon décrochage, j’ai toujours une vie sociale, peut-être « à l’ancienne », certes, en utilisant d’autres réseaux comme SFR, Orange ou encore Gmail… Mais j’en ai une ! Une vraie !

Je sors, je vais au restaurant, dans des bars, je fréquente des gens qui ont Facebook ou pas, je vais à la fac, et j’ai la chance de bénéficier d’une vie de famille ordinaire. J’ai même eu des relations amoureuses, avec des facebookiennes. A ce sujet, Slate (version américaine) donne un conseilintéressant aux jeunes filles, méfiez-vous des garçons qui n’auraient pas de profil Facebook. Cela m’est d’ailleurs arrivé de me faire rembarrer par une fille, faute de compte Facebook. Pff, je les emmerde, elle et Slate.

Cela dit, j’avoue que le fait pour certains employeurs de nous trouver hors du coup errant dans le monde parallèle anti-Facebook me terrorise. Je suis en droit, jeune avocat mais toujours étudiant, et je m’adresse à toi, futur employeur.

Honnêtement, ne peux-tu pas avoir un esprit un brin plus ouvert, et penser peut-être qu’au contraire, ne pas être sur Facebook pourrait être le signe d’une vie sociale réelle suffisante ?

Ou encore – et je n’ose le dire qu’à demi-mot – le signe d’un candidat à forte personnalité, comparable à celui qui ne fume pas ?

Alors je te propose l’expérience suivante. Désinscris-toi de Facebook pendant plusieurs mois (quelques jours ne suffisent pas, n’oubliez-pas que Facebook est addictif, telle une drogue), voire une année.

Reconnecte-toi, et vois qui de toi ou de la moitié des facebookiens est suspecte. Je sais, tu n’as pas la force, tu ne peux déjà plus t’en passer.

Lu par 587 Boytown

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Categorie: LU POUR VOUS

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