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Karim Wade à quitte ou double

| 23.11.2012 | 0 Commentaire

Lu par 88190 Boytown

Est-ce le début de la fin pour Karim Wade, fils de l’ex-président du Sénégal?

Mise à jour du 17 novembre 2012: Le fils et ancien ministre de l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, Karim Wade, et six dignitaires de l’ancien régime dont quatre ex-ministres, soupçonnés d’enrichissement illicite, ont interdiction de quitter le Sénégal, a appris le 17 novembre l’AFP de source proche de l’enquête.

“La décision concerne Karim Wade et les six (dignitaires) dont les dossiers ont été transmis à la gendarmerie pour enquête. Il leur est interdit de sortir du territoire”, a affirmé cette source.

Karim Wade, qui a été entendu jeudi pendant dix heures d’affilée par les enquêteurs de la gendarmerie à Dakar, est en outre à “nouveau convoqué jeudi prochain”, 22 novembre, a-t-elle ajouté.

Le fils Wade a été entendu par la section de recherches de la gendarmerie de Colobane, un quartier de Dakar, dans le cadre des enquêtes ouvertes par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).

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Karim Wade, le fils de l’ancien président sénégalais, a fini par répondre à la convocation de la gendarmerie de Colobane, à Dakar. Il s’y est rendu le 15 novembre 2012 pour être entendu, dans le cadre des accusations d’enrichissement illicite portées contre lui.

Son absence du Sénégal jusqu’à la veille de son audition (il est rentré de France dans la soirée du 14 novembre 2012) avait laissé penser qu’il n’allait pas daigner répondre à la convocation des pandores. Idem aussi pour ses sorties contre le procureur spécial de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Alioune Ndao.

Mais c’est peut-être mal connaître celui que les Sénégalais ont surnommé «ministre du ciel et de la terre» en référence à son maroquin de l’Energie, des Infrastructures et du Transport aérien que son père de président lui avait taillé.

Le ministre du ciel et de la terre, pas au dessus de la loi!

En effet, il a dit qu’il est prêt à déférer aux convocations de la justice de son pays pour démontrer qu’il n’est pas au-dessus des lois et surtout qu’il n’a rien à se reprocher. Malgré toutes ses récriminations contre la procédure, il ne s’y est pas soustrait, preuve de son respect pour la justice de son pays.

En répondant, pour la troisième fois depuis juillet 2012, à une convocation pour audition, il se désolidarise des autres anciens dignitaires du régime de Abdoulaye Wade qui ont fait savoir leur intention de ne pas se rendre devant les enquêteurs pour les accusations d’enrichissement illicite portées contre eux aussi.

Une façon pour eux de dénoncer un acharnement judiciaire et des règlements de comptes politiques de la part du régime de Macky Sall. Sans le soutien de son père qui avait promis de revenir au pays ce 16 novembre 2012 pour défendre bec et ongles son fils et ses partisans avant de se raviser, Karim Wade a donc décidé d’aller se défendre, comme un grand garçon.

Karim Wade plie mais ne rompt pas

On peut donc en déduire qu’il est le plus serein de tous les anciens caciques qui sont en train de s’agiter, d’invoquer le « privilège de juridiction »lié à leur titre pour ne pas répondre aux convocations. On peut aussi déduire de son attitude une volonté farouche de sa part d’en finir, une bonne fois pour toutes, avec une affaire qui empoisonne sa vie.

La meilleure façon de se défendre étant d’attaquer, Karim Wade a visiblement pris la décision de ne pas fuir. Il a décidé de s’assumer, de se justifier par rapport à son patrimoine à problème pour que les Sénégalais sachent qu’il l’a constitué en toute honnêteté, sans avoir puisé dans les caisses de l’Etat quand il était aux affaires.

Cela, il ne peut le faire en défiant les enquêteurs, en refusant de s’expliquer. Qu’il ait quelque chose à se reprocher ou pas, il est même dans l’intérêt de Karim Wade de régler ce problème.

Et si Karim Wade se refaisait une virginité politique?

Certes, la défaite de son père à l’élection présidentielle de mars 2012 a brisé son élan politique, mais on ne voudrait pas penser un seul instant que ce soit la fin de sa carrière. A moins qu’il soit incapable de se définir en dehors de son père, de s’émanciper de sa tutelle qui, à un moment ou à un autre, devient pesante. Ou bien qu’il ait décidé de ranger la politique dans les placards pour se consacrer à ses consultations dans le domaine des investissements.

Contrairement donc à son père et à certains caciques du Parti démocratique sénégalais (PDS), Karim Wade a toujours son avenir devant lui en politique. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la présente affaire d’enrichissement pourrait être une occasion pour lui de se refaire une virginité politique.

En effet, il est suspecté jusqu’ici de s’être enrichi de façon illicite, mais pas encore formellement accusé. Si au terme des auditions, il n’est rien retenu contre lui ou bien qu’il est blanchi à l’issue d’un procès, il en tirera des gains politiques. En revanche, s’il est condamné, ce serait le début de la fin pour lui. Cette affaire est un couteau à double tranchant et Karim Wade joue à quitte ou double.

Séni Dabo – Slate

Lu par 88190 Boytown

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