MDG : Scientific research in Africa : Scientist at University of Cape Town,

La deuxième université de Dakar: Pour impulser le développement des sciences et des technologies

Lu par 1293 Boytown

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La deuxième université que les autorités envisagent d’installer à Dakar devrait être orientée vers le développement des sciences et des technologies, au-delà de sa vocation naturelle à désengorger l’UCAD, a laissé entendre le professeur Souleymane Bachir Diagne, président du comité de pilotage de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur (CNAES).

“Au fond, l’université de Dakar n’est pas complètement par terre parce qu’elle a une tradition extrêmement solide. C’est une université qui s’est longtemps nourrie dans le passé de notre pays. Mais, c’est une université qui n’en peut plus. Il y a donc cette première vocation”, a-t-il expliqué dans une interview parue dans l’édition de vendredi du quotidien Le Soleil.

“Deuxième chose – d’ailleurs valable pour toutes nos universités – il faut que nous comprenions le contexte mondial et africain dans lequel notre université, j’entends notre système d’enseignement supérieur public et privé, se trouve. Nous vivons un monde dans lequel il y a une compétition pour le développement du domaine des « Stem » (Science, Technology, Engineering and Mathematics)”, a ajouté Bachir Diagne, enseignant aux départements de français et de philosophie de l’université Columbia de New York, aux États-Unis.

“C’est dans ces domaines-là, qu’aujourd’hui, tous les pays, des plus riches à ceux qui sont en voie d’émergence, se sont investis. Les Etats-Unis pensent qu’ils sont en danger parce qu’ils estiment que le pays, dans le domaine des « Stem », occupe un rang qui ne correspond pas à ce qui devait être le leur puisqu’ils sont la première puissance économique mondiale et qu’ils entendent le rester”, a fait observer le Professeur Diagne.

“À l’autre bout, a-t-il ajouté, vous avez tous les pays émergents qui ont justement construit leur émergence sur le domaine des « Stem ». Ici, nous avons la prétention, la volonté, le désir et l’envie de devenir un pays émergent. Et le contexte se prête à une telle ambition. On est d’accord que, d’une certaine façon, l’heure de l’Afrique a sonné, que c’est la nouvelle frontière des investisseurs”.

“On peut raisonnablement penser qu’ils viendront, de manière encore plus active, mais ils iront là où ils auront les ressources qui leurs permettent de faire fructifier leurs investissements. Il faut donc que nous sachions les placer et que nous fassions valoir les atouts qui sont les nôtres. Cela, nous le ferons dans ce domaine des +Stem+”, a-t-il fait valoir.

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“Accorder cette priorité aux +Stem+ est le meilleur moyen de renforcer la tradition qui est la nôtre et qui est extrêmement solide dans le domaine des humanités et des sciences sociales. Pourquoi ? Parce que cela signifie que les étudiants qui seront dans les humanités et les sciences sociales n’y viendront pas par défaut, mais par une orientation positive, le désir d’aller dans cette direction plutôt que par défaut ou en ayant échoué dans le cadre d’une sélection naturelle par les mathématiques”, argumente cet agrégé en philosophie.

“En effet, accorder la priorité aux +Stem+ signifie que nous allons fonder le système sur le trépied qui est le développement des +Stem +, le développement des humanités et celui des sciences sociales. Il ne faut pas aussi perdre de vue le développement de la formation professionnelle”, a indiqué Souleymane Bachir Diagne.

“Au lieu de dire qu’il y a une orientation par défaut d’étudiants qui vont s’entasser dans les facultés des sciences humaines en essayant de suivre une formation qui se donnerait dans des conditions qui sont un défi au bon sens, il faudra multiplier les offres de formation professionnelles”, a précisé le Professeur Diagne, non sans souligner la nécessité de “développer des formations professionnelles courtes comme ce sera le cas dans les ISEP (Instituts supérieur d’enseignement professionnel)”.

“Orienter donc de manière positive, et non pas par défaut, consistera à accorder la priorité à ceux qui devaient aller en +Stem+, faire en sorte que ceux qui vont dans les enseignements humanistes et des sciences sociales y aillent véritablement par choix et par orientation, faire en sorte que la grande masse de ceux qui, au contraire, voudraient avoir des formations courtes – parce que tout le monde n’est pas fait pour aller à l’université pour faire des formations longues -, puissent le faire. On dénombre plusieurs étudiants qui, s’ils en avaient les moyens, peuvent choisir ces formations courtes”, a-t-il souligné.

“Quand je parlais d’une orientation de notre système d’enseignement supérieur qui prend en compte le monde dans lequel nous vivons, la première recommandation que cette concertation va faire aux autorités, c’est de dire que nous accordons une priorité absolue au développement du domaine des +Stem+”, a encore indiqué Souleymane Bachir Diagne.

“Et toutes les autres décisions vont découler de cette priorité, c’est-à-dire que nous pouvons imaginer avoir une politique d’orientation rigoureuse, une politique d’allocation des ressources et une politique de développement des infrastructures scientifiques et techniques en fonction de cette priorité”, a-t-il conclu.

aps

Lu par 1293 Boytown

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