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La société sénégalaise aurait – elle perdu ses repères ?

| 23.11.2012 | 0 Commentaire

Lu par 681 Boytown

Je suis tout de suite tentée de répondre OUI face à une telle question, et ainsi de clôre ce post. Mais, je vais essayer de ne pas aller (trop) vite en besogne, et apporter quelques éléments d’analyse qui pourront renforcer mes propos.

De nos jours, le paysage audiovisuel sénégalais peut se targuer d’avoir beaucoup évolué et regrouper en son sein quelques six chaînes de télé. Merci au régime de l’alternance qui a grandement participé à sa libéralisation. Longtemps concentré autour d’une seule chaîne de télévision, l’essentiel de l’information est réparti aujourd’hui entre six (grandes?) chaînes.

À quel prix? Force est de reconnaître quand même que lesdites chaînes de télé rivalisent d’ingéniosité pour proposer aux télespectateurs les meilleurs programmes qui puissent exister. Mais, c’est justement là où le bât blesse. Diversité de programmes ne rime pas souvent avec excellence !! En regardant une émission le week end passé, je me suis rendue compte à quel point nos télés sont ” pauvres ” … Loin de moi l’idée de critiquer pour le simple plaisir de m’adonner à cet art, mais je ne fais qu’un constat, aussi triste et atterrant soit – il.

Un retour en arrière nous édifiera un peu plus sur la décrépitude de la télé sénégalaise, et dans un sens plus large, la société. Qui ne connaissait pas l’émission ” Génies en Herbe “, animée par le brillant et éloquent Martin Faye ? Les élèves des meilleures écoles du Sénégal venaient s’affronter dans cette émission haute en couleurs, qui magnifiait le système éducatif sénégalais.

Qu’en reste – t – il aujourd’hui? Pas grand chose …

C’est la raison pour laquelle il est intéressant d’établir une relation de cause à effet entre la société sénégalaise dans toute sa splendeur et le landerneau culturel et médiatique sénégalais.

Il n’y a pas si longtemps que ça, l’excellence sénégalaise était magnifiée partout. L’école sénégalaise se faisait un point d’honneur à parfaire l’éducation de ” sa ” jeunesse. Des établissements tels que le Prytanée Militaire de St Louis, le lycée Limamoulaye, l’Institut Mariama Bâ, pour ne citer que ceux – là, abritaient des ” cracks “, qui faisaient la fierté de tout le Sénégal, et même au – delà. Chaque famille s’évertuait à donner la meilleure éducation possible à ses enfants, à l’image des grands intellectuels sénégalais qui étaient érigés en modèles …

Dorénavant, le ” m’as tu vu ” et l’ostentation gouvernent, les modèles ont pour profession (s) lutteurs, chanteurs ou aspirants chanteurs, laudateurs, CEOs véreux, animateurs, communicateurs traditionnels, footballeurs et j’en passe … L’on peut dire que c’est la course au mauvais goût, pour ne pas dire la vulgarité ! Une nouvelle danse fait son apparition chaque mois ou presque : youza, tiakhagoune, takh ci ripp, mima …

Il est normal dans ce cas – là que la société, et plus particulièrement la jeunesse, soit désoeuvrée et plus que jamais en mal de repères. Ce désoeuvrement est tel que les Sénégalais ne pensent qu’à faire la bamboula, pour ainsi tenter d’endiguer le flot ininterrompu de difficultés quotidiennes. Une observation minutieuse de mes compatriotes me pousse à cette sempiternelle question : ” Sont – ils conscients de ce qu’ils font ? “

C’est pourquoi il urge plus que jamais de se (re) mettre à la poursuite des repères (perdus) pour un Sénégal en devenir <3

Bonne lecture ^^

N.F.K

Lu par 681 Boytown

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Categorie: JEVOTE

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