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Le déficit de formation à l’origine des ‘dérives’ de la presse sénégalaise

Lu par 22245 Boytown

Ababacar Guèye, directeur de cabinet du ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Economie numérique, a souligné vendredi à Dakar la nécessité d’une adéquate formation des journalistes, pour prévenir “certaines dérives” imputables aux professionnels de la presse dans l’exercice de leur métier.

“Les dérives de certains journalistes dans le traitement de l’information émanent d’un déficit de formation. Il faut donc insister sur la formation pour permettre aux journalistes de vivre avec les règles d’éthique et de déontologie, car lorsque le journaliste commet certains impairs, c’est difficilement rattrapable”, a-t-il déclaré.

Ababacar Guèye s’exprimait lors de la cérémonie de remise d’attestations de stage à des journalistes formés par le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), avec l’appui du Fonds d’aide à la presse, passé selon lui de 600 millions de FCFA initialement prévu à 700 millions de francs CFA.

Le directeur de cabinet du ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Economie numérique a rappelé qu’une partie (10%) de ce Fonds d’aide à la presse est réservée à la formation.

“L’enveloppe destinée à la formation au niveau du CESTI est de 40 millions et nous allons travailler pour revoir à la hausse cette somme dans les prochaines années”, a promis M. Guèye.

“Le CESTI est un instrument indispensable dans la mise en place des conditions d’une démocratie plurielle puisqu’il joue un rôle de premier plan dans la formation de ces journalistes grâce a des formateurs chevronnés”, a ajouté Ababacar Guèye.

Dans un contexte de démocratie ouvert, le journaliste se trouve selon lui constamment interpellé dans la pratique de son métier. “La difficulté de la tâche tient au fait que dans cet exercice de service public comme privé auquel toute la presse se trouve soumise, la plus petite erreur se paie automatiquement car elle ne se rattrape guère”, a-t-il dit.

“Ce n’est pas pour rien que la presse considérée comme le quatrième pouvoir est aussi celui dont la capacité de nuisance peut avoir des conséquences incalculables sur un pays et sur ces citoyens. Et dans la presse sénégalaise, une telle vérité nous renvoie parfois une image peu reluisante”, a argumenté M. Guèye.

Selon lui, il faut reconnaître que les Sénégalais sont “parfois agacés et désorientés par la manière dont les faits sont relatés et même fabriqués par certains journalistes en mal de sensation, une minorité certes qui ne dispose d’aucune compétence pour exercer ce métier ni du point de vue niveau de base ni de la maîtrise des techniques et de collecte de leur traitement”.

“C’est sous ce rapport qu’il me plait de rappeler la pertinence de la formation dans le cadre du Fonds d’aide à la presse et je considère que si le passage dans une école de journalisme n’est pas une condition d’intégrité professionnelle il peut dissuader les aventuriers”, a souligné Ababacar Guèye.

Le directeur du CESTI, Ibrahima Sarr, a pour sa part relevé qu’il est nécessaire pour les journalistes de bénéficier d’une “formation soutenue diplômante qui va permettre aux professionnels d’avoir un diplôme au lieu d’une attestation”.

allafrica

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