shop-ad-books copy

Le gaz butane en fuite

| 19.02.2013 | 0 Commentaire

Lu par 4846 Boytown

Dakar revît depuis la semaine dernière la situation récurrente de pénurie de gaz butane sur le marché domestique. A l’origine, deux partenaires commerciaux, la Société africaine de raffinage(Sar) et la société ITOC S.A dont l’un ne peut plus continuer à entretenir des créances sur l’autre.

La première pénurie de gaz sous l’ère Macky a eu lieu en avril 2012, la seconde remonte au mois de juin dernier. C’est ce qu’on appelle une situation récurrente. Depuis, les autorités auront tout essayé mais la mayonnaise ne prend toujours pas. Après l’ouverture du marché de l’importation du gaz butane aux privés, refroidis par une structure des prix « risquée », le gouvernement a dû revenir à Canossa et remis le monopole à la Sar(Société africaine de raffinage).

Les mêmes causes faisant les mêmes effets, la raffinerie ne s’en sort toujours pas et se heurte toujours au sempiternel problème de sous pour payer le fournisseur. En l’occurrence, la société Itoc qui, sur la base d’un contrat avec la Sar, détient l’exclusivité de lui fournir 4000 tonnes de butane. Sauf qu’au bout de dix jours, le marché local a vite fait de consommer les 4000 tonnes et s’il n’y a pas une cargaison supplémentaire, c’est la dèche. Rupture d’approvisionnement ! C’est la situation actuelle et, si la Sar ou l’Etat ne paye pas rubis sur ongle, le butanier qui mouille au port ne déchargera pas. Conséquence, au niveau de beaucoup de quartiers à Dakar, le produit se fait rare et c’est un euphémisme…

On voudrait bien nous faire croire que la situation serait due à une « déprogrammation » du butanier qui devait arriver le 9 février dernier alors que le stock, au 11 février, n’était que de 4 jours.  Mais il est clair qu’il s’agit plutôt du problème récurrent des relations commerciales entre la SAR et la société ITOC.

Pour l’heure, l’Etat peut toujours se rabattre sur VITOGAZ et TOTAL, deux grands distributeurs, ou encore TOUBA GAZ, mais il aurait fallu s’y prendre plus tôt, à moins que, comme en juin dernier, ces privés ne s’engagent à payer le prix du butanier. A défaut de convaincre Baba Diaw, le patron de ITOC, il va bien falloir casquer pour débloquer la situation. Car, il doit bien être coincé avec ses partenaires notamment GEOGAZ (qui lui fournit le produit) pour oser fermer ainsi le robinet à la Sar qui resterait lui devoir quelque 7 milliards de FCfa selon toujours les mêmes circonstances.

Il faut noter que Baba Diaw, le patron de ITOC, est également conseiller spécial du Président Macky Sall. Une hérésie que ce dernier n’a pas hésité à commettre au lendemain-même de son élection à la tête du pays. Un conflit d’intérêt patent qui oriente, on s’en doute bien, l’homme d’affaires, vers… ses intérêts.

L’hérésie
Toujours est-il que cette « rupture d’approvisionnement » intervient quelques heures seulement après la publication de la nouvelle structure des prix qui n’a pas connu de variation notamment au niveau du gaz butane dont les emballages de 2,7kg, 6kg, 9 kg, restent à 1670 FCfa, 3700 FCfa et 5510 FCfa respectivement. A priori, aucun rapport entre la pénurie et les prix, mais c’est bien pour rappeler le risque de spéculations sur le marché.

Pauvre SAR qui aimerait bien se débarrasser de ce boulet de l’importation du butane que l’Etat lui a fourguée, alors que l’Etat, lui-même, lui doit de l’argent. Mais en fait, l’Etat, lui-même, semble traîner la SAR comme un boulet.

Comment se fait-il qu’avec la situation que vit la raffinerie l’Etat ne tape pas sur la table pour exiger des repreneurs, le fameux partenaire stratégique Saudi Bin Laden Group, de redresser l’entreprise ou de dégager ? Cela fait plus de deux ans qu’ils sont aux commandes et la SAR, en manque chronique d’investissements et en proie à des problèmes sérieux de trésorerie, ne s’est jamais porté aussi mal. Si ledit partenaire stratégique avait réellement l’intention de mettre de l’argent dans cette boîte, cela fait longtemps qu’il l’aurait fait et, il n’y a que l’Etat qui ne s’en rend pas compte.

sudonline

Lu par 4846 Boytown

Réagissez

comments

Powered by Facebook Comments

Motsclefs: ,

Categorie: MUZIC

Laissez un commentaire