Les trois problèmes que Facebook doit régler en urgence
Lu par 222 Boytown
Comment expliquer la chute du cours du réseau social qui comptera à la fin de l’année un milliard de membres ? Introduit en Bourse le 18 mai avec une capitalisation de 104 milliards de dollars, le réseau social a perdu près de 20 % de sa valeur en deux séances. Le site californien qui visait une valorisation égale à la moitié de celle deGoogle pour un chiffre d’affaires 10 fois inférieur ne serait-il qu’un feu de paille ?
En fait, Facebook est pris à son propre piège. Totalement gratuit, il tire plus de 80 % de ses revenus de la publicité. Un outil de croissance impressionnant, parce qu’il nécessite peu de coûts fixes…, mais qui peut vite devenir un talon d’Achille lorsqu’un annonceur comme General Motors décide de lui tourner le dos, le privant du jour au lendemain de plus de 10 millions de dollars de recettes. Pour rester attractif, Facebook explique être en mesure d’en savoir toujours plus de ses membres, de la couleur de leurs chaussettes préférées à leur goût pour les betteraves.
Facebook ne sait pas monétiser son audience
Problème : il ne peut aller trop loin dans l’exploitation de ces données auprès de tiers sans le consentement des utilisateurs. Facebook a voulu passer outre en 2009 avec le projet Beacon qui permettait à des partenaires comme Sony, CBS ou encore Zappos de mieux cibler leurs publicités et de rendre compte en direct de l’activité des membres sur ces sites. Cela a provoqué une fronde des utilisateurs qui se sont sentis manipulés, et Facebook a dû retirer son projet, obligeant Mark Zuckerberg en personne à présenter ses excuses.
Voici donc Facebook dans une situation paradoxale : jamais il n’a été aussi attractif en termes d’audience, mais celle-ci n’est pas monétisée à la hauteur des attentes de ses investisseurs. On peut donc se demander si, en dehors de récompenser ses investisseurs du départ, l’introduction en Bourse de 10 % du site tombe au bon moment. C’est le second problème : elle vient mettre une pression nouvelle sur Facebook qui n’avait pas vraiment besoin de cela. Le site réussira-t-il alors à convertir ses abonnés à une formule payante ? Il a esquissé un tel modèle avec un service d’applications payantessur le modèle de ce que fait Apple avec son App Store.
Mark Zuckerberg doit faire vite, car, c’est le troisième problème, les appétits de la concurrence s’aiguisent. Microsoft vient ainsi de son côté de lancer So.cl qui se distingue par son aspect visuel. Quant à Larry Page, qui porte le projet concurrent Google+, il vient de déclarer que “Facebook maintient les utilisateurs en otages“. Un uppercut. C’est ce créneau de la protection des données personnelles que compte bien exploiter le site Diaspora, qui devrait ouvrir cet été et qui veut laisser ses utilisateurs maîtres de leurs données. Abandonner le contrôle des informations de ses utilisateurs ? Ce serait une révolution copernicienne pour le site de Mark Zuckerberg.
Lu par 222 Boytown
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