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L’impact de la diaspora n’est pas ressenti sur le tissu productif

| 18.01.2013 | 0 Commentaire

Lu par 14208 Boytown

Malgré les 600 milliards de francs Cfa qu’elle envoie chaque année au pays, l’impact de la diaspora n’est pas ressenti sur le tissu productif. Ainsi, lors du prochain congrès constitutif de la Fédération des Sénégalais de la Diaspora, prévu les 28, 29 et 30 mars prochains à Washington, elle va se pencher, entre autres, sur la mobilisation des ressources et compétences au service du Sénégal.

(Correspondant permanent à Montréal) – La diaspora sénégalaise est malade à cause de l’échec de sa prise en charge réelle par les différents régimes politiques du Sénégal. Et pourtant, en termes de mouvements de capitaux, elle est le premier injecteur de flux financiers au Sénégal, loin des investisseurs et des partenaires au développement. La manne financière annuelle de la diaspora est estimée à près de 600 milliards de francs Cfa, soit une rentrée d’argent d’un milliard par jour au pays.

Mais, la problématique majeure qui reste une grande préoccupation est la destination réelle de cette manne financière. Une manne qui échappe au tableau des opérations financières de l’Etat puisqu’elle est uniquement consacrée à la satisfaction des besoins des ménages des familles de la diaspora qui sont totalement entretenues par leurs enfants hors du pays.

L’argent envoyé est englouti par la consommation, puis ensuite exclusivement par l’immobilier. Sur ce dernier aspect, l’investissement immobilier revient à l’acquisition d’une maison pour la sécurité familiale et ensuite pour des locations.

Une étude de l’Organisation internationale des migrations (Oim) datant de 2009 indiquait que «les transferts de fonds de la part des émigrants sénégalais contribuent beaucoup aux revenus dans les ménages qui ont un expatrié. Les fonds reçus de l’extérieur sont à l’origine d’une hausse du revenu par tête des Sénégalais de près de 60 % par rapport aux ménages ne recevant pas d’argent de l’étranger.

Selon des entretiens réalisés auprès des personnes ressources de certaines banques et structures financières dans la région de Dakar par le bureau de Dakar de l’Oim, près de 50 % des envois finiraient dans la consommation courante, contre 25 % pour l’épargne de précaution, 20 % pour l’investissement immobilier et moins de 5 % seulement pour l’investissement productif».

Alors si l’impact de la diaspora n’est pas ressenti sur le tissu productif c’est parce que, selon l’Oim, «le Sénégal ne dispose ni d’une politique migratoire formelle, ni d’une structure dédiée au problème migratoire qui déciderait et mettrait en oeuvre la politique nationale en matière de migration.

La gestion de la migration est assurée par divers ministères et acteurs du développement, menant des actions individuelles relatives à leurs mandats. L’absence de coordination dans la gestion des migrations crée une confusion dans les axes d’intervention des acteurs.

Cependant, certaines actions ont été entreprises». Ces dernières ont été plus orientées dans la gestion de la migration légale. Des accords de gestion concertée de la migration avec la France, l’Espagne et l’Italie ont été adoptés en 2006 et 2007.

Ces accords traitent la migration dans toutes ses dimensions comme la migration régulière ou légale, l’immigration irrégulière ou illégale et la migration de développement ou le co-développement. Ils s’illustrent par des charters d’immigrants qui sont renvoyés dans le pays à différentes périodes.

L’échec de la prise en charge par l’Etat des préoccupations de la diaspora est compensé par une nouvelle forme d’activités d’investissements productifs d’immigrants soutenus par des organisations. Le Fouta constitue une zone d’expérimentation de cette nouvelle approche.

Le Programme d’appui aux initiatives de solidarité pour le développement (Paisd), regroupant des Sénégalais vivant en France, soutenu par l’Agence française de développement, a permis la mise en place de 473 entreprises pour un montant de 6 milliards de francs Cfa.

Depuis 2005, 131 infrastructures ont été financées dans le secteur de l’éducation, de la formation professionnelle, de la santé, de l’eau potable et des aménagements hydro-agricoles pour un montant de plus de 10 milliards de F Cfa. Les 3 milliards de cette somme ont été mobilisés par la seule épargne collective des membres des associations. De telles initiatives ont permis la création de près de 2 000 emplois.

walfadjri

Lu par 14208 Boytown

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