Microfinance rurale : La solution du mobile banking

Lu par 2778 Boytown

Afin de corriger le paradoxe qui empêche le secteur de la microfinance d’atteindre ses objectifs de lutte contre la pauvreté en milieu rural, la direction de la microfinance au Sénégal a décidé d’investir le créneau du mobile banking associé aux guichets mobiles. Ce sont entre autres les solutions annoncées par les responsables de la direction de la microfinance. C’était à l’occasion d’une conférence tenue jeudi sur le thème « la microfinance, solution à la crise », une manifestation qui s’inscrit dans la poursuite du programme Tribune de la microfinance.

Les services de la microfinance n’ont qu’un faible taux de pénétration en milieu rural, à en croire Abdoulaye Seck de la faculté de sciences économiques et de gestion de l’Université Cheikh Anta Diop. Le taux de pénétration en milieu rural dépasse difficilement les 11% alors même que l’objectif initial est surtout centré sur la lutte contre la pauvreté en milieu rural et féminin. Mais aujourd’hui, constate M.Seck, « la microfinance ne s’intéresse pas aux plus pauvres et elle n’est pas présente dans le milieu rural alors que c’est là-bas que se trouve véritablement la pauvreté. En d’autres termes, la microfinance n’est pas là où elle doit être. » Pire, sa contribution en matière de lutte contre la pauvreté est, pour l’heure, en deçà de ce qu’elle devrait être. Une des raisons de ce paradoxe qui limite la portée de la microfinance se trouve, selon M. Seck dans « le conflit entre la profitabilité et l’objectif de réduction de la pauvreté. »

Ce paradoxe est souligné par Clément Waly Faye qui constate une « concentration sur le littoral de plus de 60% des institutions de microfinance entre Dakar et Thiès. » Cette forte concentration, d’après le responsable du suivi évaluation de la lettre de politique sectorielle de la microfinance, s’explique par les nombreuses difficultés et contraintes liées à la microfinance rurale. Ces difficultés et contraintes tiennent généralement à la faiblesse des bases de production et des densités humaines en milieu rural. A cela s’ajoute un manque criard d’infrastructures. Ces difficiles conditions et les coûts élevés des transactions font que les institutions hésitent à s’y installer. C’est pourquoi d’ailleurs la microfinance au Sénégal, qui est née dans le bassin arachidier, tend à se replier en milieu urbain.

C’est pour corriger ces défaillances que la direction de la microfinance avec le soutien des partenaires dans le cadre de la mise en œuvre de la lettre de politique sectorielle accompagne l’installation des institutions dans le monde rural, notamment dans les régions de Fatick, Diourbel, Tambacounda et dans le département de Mbour. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du projet AESOR (Amélioration de l’encadrement du secteur de la microfinance et de l’offre de service en milieu rural) Dans ce cadre, des mesures incitatives sont prises, il s’agit entre autres de l’appui en ressources financières, de la construction et de l’équipement d’agences, de la mise à disposition de systèmes d’information et de gestion, du matériel de transport et d’un accompagnement aux institutions financières afin de leur permettre d’adapter leurs produits et services ;

Mais toujours dans le cadre de cette politique d’extension, la direction met l’accent sur des solutions à portée de main pour faciliter l’accès aux produits de la microfinance dans le monde rural. C’est dans cette dynamique qu’elle inscrit les innovations sur les guichets mobiles et mobile banking afin d’atteindre les zones enclavées, mais aussi de faire le tour les marchés hébdomaires. Ce projet est soutenu par la coopération allemande avec un montant de 6 milliards de FCfa. L’utilisation du mobile banking permet d’amoindrir les coûts élevés de la présence physique des institutions de microfinance grâce à des solutions adaptées.

Mais là, il y a l’équation du faible taux d’alphabétisation qui risque de plomber l’opération. C’est pour cela, assure Clément Waly Faye, « que le projet prévoit un volet éducation financière. Cette éducation financière a comme objectif de pousser les populations à faire confiance à cette technologie pour faire leurs opérations d’épargne, de remboursement ou de réception de crédit. » Elle se fonde sur des syntaxes assez simples comme celles utilisées par des produits comme Wari ou Orange Money, avec une option multi-opérateurs. « Le programme est déjà en œuvre dans les régions de Kaolack, Tambacounda, Thiès, Louga et Saint-Louis », soutient le chargé du suivi évaluation.

Aps

Lu par 2778 Boytown

Partagez cet Article

Macky Sall prêt à discuter avec les rebelles de Casamance

Suivant »

ecolesausenegal.com – un portail conçu pour la promotion et la revalorisation de l’éducation sénégalaise

Laissez un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

LU POUR VOUS

  • img098

    Le massacre de Thiaroye, Sénégal, 1er décembre 1944 ; une synthèse

    Lu par 1493 Boytown Avant que le président de la République François Hollande n’évoque Thiaroye comme une répression sanglante [1], Thiaroye était le plus souvent présenté comme ...

    Lire
  • netanyahu

    Reconnaissance de la Palestine : Netanyahou met en garde la France

    Lu par 15352 Boytown L’Assemblée nationale doit voter le 2 décembre une résolution invitant “le gouvernement français à reconnaître l’Etat de Palestine”. Un tel vote constituerait “une grave ...

    Lire
  • 13087501-elle-ouvre-le-premier-magasin-de-calins-des-etats-unis

    Le premier magasin de câlins ouvre aux Etats-Unis

    Lu par 14558 Boytown Pour 50 euros de l’heure, Samantha Hess offre un câlin à ses clients et clientes en manque de contact humain. Pyjama recommandé. Quand ...

    Lire
  • Wade

    Wade et les bizarreries sénégalaises

    Lu par 14499 Boytown Quand on évoque les faits d’armes de Me Abdoulaye Wade, viennent tout de suite à l’esprit la création du PDS en 1974 et ...

    Lire
  • Plus

    Plus

    LIBRE ECHANGE

    Plus

    Plus
    11-160-x-600

    THINKTANK IPODE

    Plus

    Plus