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    Momar Nguer, le Sénégalais de Total

    Lu par 34279 Boytown

    Né au Sénégal, Momar Nguer, le directeur marketing et distribution pour l’Afrique et le Moyen-Orient, est le premier Africain à accéder à un tel niveau de responsabilité au sein du groupe français Total.  Dans le célèbre quartier des affaires de Paris-la Défense, il occupe désormais un bureau au sixième étage de la tour Michelet, plus haute que toutes celles qui auraient pu l’accueillir à Dakar. Depuis le 1er janvier, Momar Nguer, Franco-Sénégalais de 55 ans né à Thiès, est le nouveau directeur de la branche marketing et distribution pour l’Afrique et le Moyen-Orient de la valeur numéro un du CAC 40, Total.

    C’est la première fois que la compagnie pétrolière (12 milliards d’euros de bénéfices en 2011) nomme un Africain à un tel niveau de responsabilité : 4 400 stations-service (dont 3 500 en Afrique) et 7 400 salariés sont sous son commandement.  Entré dans le groupe en 1984 après avoir passé deux années comme trésorier devises chez Hewlett-Packard France, Momar Nguer avait, à l’époque, longtemps hésité. L’environnement « compassé » de l’ancien siège de Total Afrique, rue de la Pépinière à Paris, et de ses occupants tranchait avec l’univers des nouvelles technologies dans lequel il gravitait. On lui a assuré qu’il prendrait rapidement des responsabilités en Afrique.

    « Lorsque j’ai entendu la joie de mes parents, au Sénégal [où son père était parlementaire, NDLR], j’ai compris que je ne pouvais pas refuser ! » lâche-t-il.  Moins de un an après son arrivée, il fait ses armes au sein de la filiale camerounaise. Un test qui le conduira bientôt à Dakar pour prendre la direction commerciale de Total Sénégal. « Bien plus tard, en lisant mon dossier, j’ai compris que la direction n’était pas sûre de mon succès. Il était écrit : “Saura-t-il vivre en Afrique ?” C’est extraordinaire ! » Les craintes sont vite écartées, il s’impose facilement. « Je parle wolof sans accent. Je m’en suis servi dès la première réunion, ce qui a mis tout le monde d’accord.»

    Ses attaches lui permettent même d’aborder certains sujets (notamment avec les autorités) que son directeur général, Français expatrié, ne pouvait évoquer. « Et puis j’ai senti une vraie solidarité : tous avaient finalement envie de m’aider à réussir. »  De retour au siège, à Paris, en 1991, il est pressenti en 1994 pour prendre la direction du réseau en Afrique du Sud, au crépuscule de l’apartheid… « Nous nous attendions à ce que les syndicats blancs y soient opposés. Mais nous étions loin d’imaginer que les syndicats noirs le seraient aussi ! » Leur argument : si Total nomme un Noir, pourquoi pas un Sud-Africain ? Le groupe recule, et Momar Nguer retrouve la filiale Cameroun, dont il prend la direction générale en 1995.  Anicroches  Les a-priori ne le quitteront que rarement.

    Au Kenya, où il est propulsé deux ans plus tard, on le considère comme un « West African », sous-entendu : un Nigérian, origine guère appréciée dans cette partie du continent. Ce binational connaîtra aussi quelques anicroches lors de ses fréquents déplacements depuis Paris, lorsqu’il prend la direction marketing et raffinage de la zone Afrique de l’Est et océan Indien en 2000 : « Au Zimbabwe, je me suis retrouvé bloqué à l’aéroport parce que j’avais mon passeport sénégalais et pas de visa… Mon passeport français m’aurait facilité l’accès, à cette époque ! » Explique-t-il.  Ses ambitions aujourd’hui ?

    Poursuivre le développement du groupe, bien sûr (Égypte, Algérie et Arabie saoudite notamment), mais surtout « faire de Total l’une des trois entreprises préférées des jeunes diplômés africains ». Mise en place d’un régime de retraite attractif et offre d’opportunités mondiales sont notamment les arguments qu’il compte développer. Il nourrit aussi un rêve : apporter la lumière à 3 millions d’Africains dans les zones rurales d’ici à 2020. Comment ? En profitant du maillage de Total pour faire parvenir de petites lampes solaires bon marché (entre 10 et 15 euros). « Nous sommes un groupe énergétique, on gagne de l’argent. Si nous montrons la voie, peut-être que d’autres nous suivront. »

    Jeuneafrique.com

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    1 Commentaire

    1. 17.12.2014

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