Ousmane Mbodj aka Bigouz beatmaker international

| 02.03.2012 | 0 Commentaire

Lu par 301 Boytown

Qui est Ousmane Mbobj alias Bigouz?

Un jeune sénégalais comme tout les autres qui doit son surnom à ses rondeurs et qui a toujours été attiré par la music et tout ce que stimule la créativité. D’ou ces études actuelles qui sont le multimédia et le développement web.

Quel a été votre cursus pour que vous atterrissiez dans le multimédia et le développement web?

École primaire normale, puis lycée ou j’ai fait la série S2. J’ai découvert l’ordinateur en 2004 et déjà je m’occupais à modifier des images avec paint. Quand j’ai découvert Adobe photoshop, ça a été comme un déclic et j’ai directement voulu devenir designer. Je me dis toujours que je dois réussir à ” faire voir et ressentir du réel à partir de l’irréel”.

Je vois et qu’entendez vous par designer que faites-vous exactement?

En gros ça dépend du client. Je crée des images, modifie et traite des photos. Au final on peut faire des pubs, créer des logos, traiter des images pour un photographe. Particulièrement créer des images suivant librement son imagination.

Je vois. Mais apparemment vous aimez tout ce qui est matériel. Si je ne me tromp,e vous faites également de la musique ou du mix.

En effet je fais du beatmaking ou si vous préférez composition musicale. Le beatmaking est l’art de créer des instrumentaux à travers l’outil informatique. Plusieurs logiciels peuvent être utilisés et moi j’utilise FL Studio. J’ai commencé ya un an et demi étant auto didacte et suivant des conseils de beatmakers ayant plus d’expériences comme Y-Not ou encore Khalifa BBB Diop.

Je travaille officiellement pour Buzz Lab Dakar depuis aout avec des artistes tels que Canabasse, Zou kana, Med Metal ou encore Young fresh mais aussi au niveau mondial avec des artistes émergents tels que Mariam Sow, Gina Ri et bien d’autres encore. Je suis donc un peu multinational. Je fais des beats d’un style particulier essayant toujours de permette à l’artiste de faire un hit au niveau de l’industrie de la music.

J’ai pris contact avec la plupart de mes artistes au niveau mondial grâce au site reverbnation ou je poste des extraits de mes beats, je travaille avec le minimum de matériels nécessaires c’est à dire d’un laptop et un casque mais je compte investir dans plus de matos avec l’argent gagné par la vente de mes beats en général. Le beatmaking nécessite un piano MIDI c’est-à-dire d’un piano qu’on peut relier au pc mais bon, faute de moyens je m’en passe pour l’instant.

Pensez-vous que le Beatmaking ait un avenir prometteur au Sénégal?

Pour l’instant le beatmaking est une activité rare ici mais qui prend de plus en plus d’ampleur. Son importance est capitale dans la mesure ou le beat détermine le style du chanteur ou du rappeur. Mais j’ai eu à vendre quelques beats ici mais mes ventes et mes affaires majeures se passent en dehors du Sénégal. Je pense qu’avec le temps ce sera une branche du hip hop qui sera prise plus au sérieux par les artistes sénégalais.

Par exemple je travaille avec Mariam Sow qui a pour manager Hakim Abdusalamad, celui ci ma contacté pour un travail avec Youssou Ndour ce qui est un bon début. Il est vrai que n’importe qui peut avoir un beatmaker et faire un son, mais il ne faut pas oublier que le talent est l’ingrédient principal du son..C’est pas tout le monde qui est capable de faire un hit juste avec un beat et sa voix plusieurs autres facteurs sont déterminants.. Je vous dis l’industrie de la music est un milieu très complexe où pour évoluer il faut beaucoup de travail.

Parlons d’infrastructures et de moyens. Il est évident que la technologie aide beaucoup dans votre travail. On dirait même que c’est la base de vos créations. Est-il facile de se procurer tous ces outils, si par exemple on n’est jamais sorti du pays? Coutent ils cher?

En effet la technologie est indispensable. Il est rare de trouver un magasin ou l’on peut se procurer les outils nécessaires dans le pays, ou alors c’est à des prix exorbitants. Par contre à l’extérieur du pays on peut les avoir à dans prix plus ou moins abordables en Europe ou aux usa. Mais comme vous le savez déjà tout dépend de l’avancée technologique du matos qu’on veut acheter. Plus c’est high-tech et plus c’est cher. Quand même il y’a un minimum à avoir à sa disposition si on veut faire du travail de qualité.

Qu’est ce qui selon vous manque le plus au Sénégal pour vous les jeunes créateurs?

Je dirais des studios bien équipés car la plupart sont faits juste pour l’enregistrement des pistes et non le beatmaking alors que les deux doivent cohabiter…Aussi il y’a une chose que j’ai remarqué, ne pas avoir de clients internationaux peut faire baisser les bras à un beatmaker parce que la majorité des artistes sénégalais ne connaissent pas la notion d’achat de beat sous contrat de loyalties…

Pensez vous qu’il est nécessaire de développer l’art a l’école pour donner plus d’opportunités aux jeunes qui veulent choisir ce métier?

L’ingénierie du son est déjà une filière officielle de l’enseignement, juste que le beatmaking nécessite un plus : l’oreille musical car le beatmaker effectue à peu prés le même travail que l’ingénieur du son en plus du fait qu’il joue des instruments pour composer ses beats

On a l’habitude dans le show de demander en dernier a tous les Boytown interviewes, leur avis sur le pays et les élections qui viennent? Votre mot la dessus?

En général je suis une personne très apolitique mais j’espère juste que le prochain dirigeant saura faire un travail propre et permettre à notre pays de se développer dans la paix et le bien-être de tous les citoyens.

Avez-vous un dernier mot ou un message à lancer aux Boytowns?

A tous les beatmakers ne baissez jamais les bras, essayez d’aller toujours plus loin et vous verrez le fruit de vos efforts.

Anne Absa

Lu par 301 Boytown

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Categorie: JEVOTE

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