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    Rupture – Du rêve… à la dure réalité

    Lu par 15968 Boytown

    Pour positionner leur «produit» sur le marché électoral, lors de la campagne pour la présidentielle de février et mars 2012, les conseillers en communication du candidat Macky Sall ont fait une offre de «rupture» aux Sénégalais, dans la gestion des affaires de l’Etat. Le slogan de «Sopi» (changement,  en langue wolof), à l’image de celui qui l’a porté durant presque quarante ans, n’a pas réussi, cette fois-ci, à faire rêver. Il est, pour ainsi dire, passé de mode. La réalité du moment, les aspirations du peuple à un mieux être, ont eu raison d’une «vision» qui était, pour l’écrasante majorité, décalée au regard des urgences.

    Le camp de Macky Sall a su flairer la demande et y a imprimé son offre. «Je serai pour une réelle rupture. Je donnerai de nouvelles orientations à l’investissement public et mettrai l’accent sur le domaine social et les réformes structurelles. Mais, les chantiers entamés par le président Wade seront maintenus, en toute transparence. Notre mission sera d’assurer le minimum social et que tous les Sénégalais aient accès à une couverture sociale», avait promis le candidat. La règle de démarquage observée a clairement indiqué la ligne de partage entre un passé à enterrer et un futur à inventer. Comme si l’on passait d’un ordre ancien à un ordre nouveau. Le peuple ne voulait plus du rafistolage, il s’impatientait à prendre part au bal de l’opéra, avec ses tenues d’apparat.

    C’est ce monde des possibles, assaisonné à la sauce de la «rupture», que Macky Sall leur a offert… mais en rêve. Les compatriotes qui appréhendaient la «rupture» comme le passage du «mal» au «bien», prennent aujourd’hui leur mal en patience. Puisqu’ils viennent de se rendre compte que cette «rupture» ne se fait pas sous le mode d’une corde raide, reliant deux mondes, qui rompt subitement.

    Mais, nos compatriotes n’ont pas tout à fait tort d’envisager le problème sous cet angle. Car si l’on en revient à l’une des définitions du vocable «rupture », il renvoie à la discontinuité  parfois progressive, mais le plus souvent brutale qui échappe, dans une certaine mesure, à la maîtrise des acteurs. Une rupture évoque rarement quelque chose de positif.

    C’est le cas de la situation que nous évoquons, avec le camp du candidat Macky Sall qui avait réussi à faire accepter l’idée que le Sénégal, sous Wade,  était le pire des cauchemars. Et que la «rupture» prônée était son antidote. Quoi de plus normal, pour des personnes qui ont rempli leur part de contrat en votant Macky, de prendre leur mal en patience ? Le réveil (à la suite du rêve) brutal, a révélé la complexité de la réalité sociale qui déjoue souvent nos plans les plus fous, pour ne pas dire les plus ambitieux.

    Le président de la République vient de se rendre à l’évidence qu’on ne dispose pas toujours de marge nécessaire pour agir sur les événements aux fins de les infléchir dans le sens souhaité. En déroulant pendant la campagne électorale, avec bonheur, le slogan de «rupture», l’enfant de Fatick a délibérément entretenu un flou artistique au sujet de ce qui relève de sa volonté, en tant que chef de l’Etat, et de ce qui relève du marché international et de la spéculation boursière.

    Le riz importé et les produits pétroliers, pour ne prendre que ces deux exemples, en dépit des efforts du gouvernement, échappent à la maîtrise de ceux qui ont été investis de la confiance de leurs compatriotes. Face donc à l’impatience des Sénégalais, les tenants du pouvoir sont alors dans l’obligation  d’expliquer ou de repréciser la notion de «rupture ». Seydou Guèye, le secrétaire général du gouvernement, s’exprimant sur les ondes d’une radio de la place, a laissé entendre que la «rupture» est un changement qui se fait progressivement. Il explique la notion de «rupture» par « le respect de la parole tenue, la compression de la taille du gouvernement, la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, la lutte contre la gabegie, et la mise en place d’une gouvernance sobre, vertueuse, transparente et efficace». Cela semble insuffisant pour nos compatriotes que le système de gouvernance de Wade a plongés dans une précarité qui les empêche d’assurer le repas quotidien. Le gouvernement se précipite lentement, le peuple lui demande d’accélérer à pas de charge la cadence, tout le problème de la «rupture » se trouve à ce niveau. Ce brouillage creuse, chaque jour que Dieu fait, le fossé de l’incompréhension entre le peuple et les tenants du pouvoir.

    Les libéraux, en bons mauvais perdants, travaillent à rendre plus profond ce fossé. Le premier remaniement du gouvernement du premier ministre d’Abdoul Mbaye a été l’occasion rêvée pour crier à la «trahison» de Macky Sall qui s’est séparé d’Alioune Badara Cissé, le désormais ex- ministre des Affaires étrangères. C’est le prix à payer pour cette «rupture » qui place désormais la «patrie au-dessus du parti». Ils n’ont pas compris ou feignent de ne pas comprendre que l’’entrée dans un palais présidentiel est un long cheminement à travers le cimetière des amitiés, des alliances, des serments, des illusions perdues. Et que toute  campagne a une saveur de mort. Celle des vaincus, des exclus de la victoire qui n’auront pas leur part du butin, des chassés de leur place, sitôt élu renvoyer l’ascenseur, celle des utopistes qui ont voté pour la lune et se retrouvent sur terre, celle de tout un chacun qui, passé l’excitation du match, se réveille inchangé, pour parler comme Jacques Seguéla et Thierry Saussez dans La Prise de l’Elysée, les campagnes présidentielles de la V République.

    Le temps presse pour le Sénégalais moyen. Le riz demeure toujours inaccessible pour de très nombreux foyers, le loyer grève le budget familial (s’il en existe), les problèmes d’accès aux structures de santé sont vécus au quotidien…Pour ces compatriotes, la «rupture» tant prônée est une pure construction de l’esprit qui évoque le travail de «l’artiste » Macky Sall, sculptant sa propre statue. Le héros du 25 mars 2012 s’est-il enfermé dans sa bulle ? Comme s’il parlait à partir d’un autre lieu. Ce qui, pour reprendre Roger-Gérard Schwartzenberg (L’Etat Spectacle (Essai sur et contre le Star System en politique, ed Flammarion, 1977)), relèverait du narcissisme le plus immodeste.

    Le temps est venu de démentir ces nombreux Sénégalais qui soutiennent que la «rupture» est juste un slogan de campagne qui n’a aucune emprise sur leur vécu quotidien.

    Mais avec le recul, l’on se demande s’il n’est pas simplement absurde d’attendre de la constance, voire même de la cohérence chez des candidats à la fonction suprême, obligés de satisfaire des intérêts et des groupes de pression qui sont en complète contradiction les uns avec les autres. Je ne suis pas loin de penser comme Athur Miller (dans Ces comédiens qui nous gouvernent, 2001, Ed Saint-Simon) qui soutient que: plus on s’approche du pouvoir, n’importe quel type de pouvoir, plus la part de représentation devient importante. Dans ce cas nous n’aurons pas tort de considérer, à la suite de la philosophe Annah Arendt (article, 1964 : Vérité et politique), que ceux qui envisagent la politique sous l’angle de la vérité se mettent en dehors d’elle. Pour la bonne et simple raison que la vérité a un caractère despotique qui est  à l’opposé de l’action politique pour laquelle tout est opinion, persuasion, consensus, compromis. Ce qui ne veut pas dire que le politique ne doit pas être vertueux. Loin s’en faut.

    sudonline

    Lu par 15968 Boytown

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