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Transaction foncieres: Le sanctuaire des rapaces

| 12.02.2013 | 0 Commentaire

Lu par 10886 Boytown

Entre litiges fonciers et expropriation, les affaires Assane Aly Ndiaye, l’ancien président de la délégation spéciale à la tête de la Communauté rurale de Bambilor et l’ancien Sous-préfet de la communauté rurale de Bambilor, Ibou Diop, ne sont que la face visible de l’iceberg.  Ces « affaires » en effet rappellent cruellement la logique boulimique libérale dont les acteurs se sont jetés comme des rapaces grognant sur des terres pourtant vivantes, dans un bruit de mâchoires scandaleux qui résonne encore dans les murs du tribunal. Là, gît pourtant dans les tiroirs débordants d’ « affaires », d’autres dossiers « Bambilor » qui seraient en état avancé d’ « étouffement » parce qu’impliquant de grosses pontes de la République et de l’administration.

Des « affaires » sur les terres de Bambilor, ce n’est pas ce qui manque. Outre le dossier tout chaud qui vaut aujourd’hui à l’ancien président de la délégation spéciale à la tête de la Communauté rurale de Bambilor, Assane Aly Ndia  et à l’ancien Sous-préfet de la communauté rurale de Bambilor, Ibou Diop, d’être sous les feux de la rampe, dans les tiroirs du Tribunal, il y en a notamment un, gros comme ça et qui ne défraie pourtant pas la chronique. Une transaction douteuse portant en réalité sur un pactole de 4 milliards de FCfa  et concernant… 200 ha de terre.

Des terres dont la totalité faisaient quelque 2500 ha appartenant à l’Etat du Sénégal et que le président Abdoulaye Wade avait payés à 7 milliards de FCfa, avant d’annoncer, en Conseil des ministres, qu’il les restituait aux populations de Bambilor. Des terres qui ont pourtant été dépecées puis vendues tour à tour à des pontes de la République, des promoteurs privés, de hautes personnalités politiques, des chefs religieux et coutumiers.

Mais revenons sur les 200 ha en question qui ont fait l’objet d’une transaction plus que douteuse et qui ont atterri dans l’escarcelle de la Comico (Coopérative militaire de construction) à coups de larmes et de sang. Au passage, la transaction qui a abouti à la vente de cette parcelle à la Comico avait été possible grâce à des complicités dans l’administration, ainsi que l’a révélé notre confrère du journal  « Libération » en novembre dernier, reprenant un rapport de la Centif Cellule nationale de Traitement des Informations financières) qui a atterri sur la table du doyen des juges.

Un rapport qui met en cause un certain Assane Seck, un autodidacte qui aurait été introduit dans les sphères de la première alternance politique par l’ancien ministre libéral Omar Sarr et, un certain B. Kâ. Ledit rapport parlait de « blanchiment présumé de fonds » découlant de transactions foncières douteuses à Bambilor. Mais l’histoire est plus rocambolesque qu’on ne pourrait l’imaginer…

Au départ un échange déjà… extra-terrestre entre 1 ha de terre du domaine national à Khar Yalla contre 200 ha à Bambilor, aux bons soins, selon des sources généralement bien informées, de l’administration fiscale. Il a suffi d’attribuer une valeur suffisamment élevée du mètre carré du premier terrain afin de trouver une équivalence qui permette de l’échanger avec le second. Et le tour était joué.

Une fois les 200 ha acquis, Seck et Ka mais surtout Seck, le courtier, divisent la parcelle et cèdent une parcelle de 100 ha à… Comico pour 4 milliards de FCfa qui aurait atterri dans le compte du courtier Assane Seck qui, en réalité, a tiré les marrons du feu, le sieur Kâ ne se contentant que de 700 millions de FCfa.

Le rapport de la Centif relatait ainsi d’importants flux financiers entre les deux mis en cause. Toujours est-il que le dossier en question qui était jusque-là sur la table du Doyen des juges, serait en passe d’être rangé dans les tiroirs car cette affaire est fortement susceptible d’éclabousser bien des pontes de la République.

Des pontes qui seraient d’ailleurs rattrapés par une vaste étendue d’ « affaires » liées au foncier notamment sous le régime de Wade qui, rappelons-le, avait roulé dans le sable les sept villages (Bambilor, Gorom 2, Déni Biram Ndao Sud, Déni Gueth Sud, Mbèye, Wayembam et Nguendouf), regroupés dans le collectif «Samm sa moomeel» assurant la défense des intérêts des habitants de Bambilor et, qui se démènent depuis 2011 pour récupérer leurs terres occupées par l’armée, à travers la Coopérative militaire de construction (Comico), des promoteurs privés, de hautes personnalités politiques, des chefs religieux et coutumiers.

sudonline

Lu par 10886 Boytown

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